
Fidèles lecteurs et fans d'Harold, vous pourrez désormais me lire sur la nouvelle version du blog, rebaptisé "7ème mirage": http://7ememirage.blogspot.com/
Bonne lecture !

| Verdict : | Commentaires (0) | 08:44 01/04/2009 |
Film britannique, américain réalisé par Sam Mendes, avec Kate Winslet, Leonardo DiCaprio... 2h 05. Sortie le 21 janvier 2009.

Nostalgiques de Titanic, vous allez assister à un autre genre de naufrage. Si Kate et Leo se retrouvent à l'écran, ce n'est pas pour s'aimer entre deux icebergs, mais pour se détester, ouvertement. Enfin, au début, le couple qu'ils incarnent (April et Frank Wheeler) ne fait presque pas une vague dans la banlieue proprette où ils emménagent, sur Revolutionary Road, dans l'Amérique des fifties. "Route révolutionnaire", ça tombe bien, les tourtereaux ne veulent surtout pas fonder un foyer convenu, ennuyeux. Leur existence doit être passionnée, idéalement.
Deux enfants plus tard (des absents tout au long du film), Frank s'ennuie dans son job alimentaire, April veut changer d'air. Tempête dans un verre d'eau, ils décident de partir vivre à Paris, où ils plus seraient heureux, c'est sûr. Le départ est planifié. Mais la flamme des premiers jours s'est rabougrie, la monotonie s'est installée. Elle ne peut le supporter. Lui se contenterait bien de sa vie tranquillement médiocre, surtout qu'une promotion pointe à l'horizon, "il faut y réfléchir sérieusement".
Un engrenage implacable d'incompréhension s'enclenche, c'est la guerre froide. Glaciale, comme ce thème de piano obsédant qui vient ponctuer les crises ouvertes comme les concessions douloureuses. Le petit déjeuner "parfait" préparé par April est un sommet de tension, bouillonnante mais maîtrisée. A l'image de cette scène mémorable, le jeu de Winslet est tout en regards brûlants sous un masque de sérénité mal feinte. DiCaprio - qui semble abonne aux rôles "vintage" - s'en tire bien, portée par des seconds rôles brillants - le couple d'amis rangés, le mathématicien dérangé, as de la provoc. Tous essaient de deviner le drame qui se joue, de plus en plus explicite. L'issue est dramatique, le malaise habite le spectateur de ce jeu de massacre, froidement exécuté, magistralement orchestré.
| Verdict : | Commentaires (0) | 22:46 25/02/2009 |
Film américain réalisé par David Fincher, avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Julia Ormond... 2h35. Sortie le 04 Février 2009.

Dans la Nouvelle Orléans du début XXème vit un homme singulier, nommé Benjamin Button. Né ridé comme une pomme, il est considéré comme un vieux parmi les autres pensionnaires de la maison de retraite dirigée par sa mère d'adoption, une pieuse femme noire. Benjamin a entamé une vie à rebours, qui va le voir rajeunir quand les autres vieillissent. Dans une chambre d'hôpital, alors que l'ouragan Katrina menace de frapper, une vieille dame se souvient de Benjamin, l'homme qui a traversé sa vie.
Un bébé qui naît vieux et rajeunit au cours de sa vie... Ça ressemble à une bonne idée sur le papier, mais encore faut-il tenir la longueur (l'histoire originale est une nouvelle de F. Scott Fitzgerald). La force de ce film est de parfaitement exploiter cette idée et de l'assumer jusqu'au bout. Chaque stade de la vie de Benjamin est marqué de comique et de tragique, particulièrement son enfance emprisonnée dans un corps de vieillard. L'un s'apitoie sur son sort en apprenant qu'il est "encore" vierge, l'autre le tient pour pervers quand il joue avec sa fille... Des prouesses cosmétiques permettent à Brad Pitt et Cate Blanchett d'être crédibles dans chaque tranche d'âge. Cela n'enlève aucun mérite à l'épatant jeu de Brad, qui réussit à adopter la silhouette d'un vieil homme comme d'un adolescent. Dans chacun de ses gestes s'imprime le malaise de celui qui n'est pas tombé dans le bon corps. L'oscar ne serait pas de trop. On a plaisir à retrouver le duo Blanchett/Pitt après Babel. Ils forment un couple plus touchant dans la tourmente que dans l'idylle, très stéréotypée. Un rare coup de mou, si on considère la longueur du film. Plus qu'un récit fantastique centré sur une bête curieuse, L'étrange histoire de Benjamin Button est une fable lumineuse qui offre une réflexion humble et finalement profonde sur l'amour empêtré dans la fuite du temps.
| Verdict : | Commentaires (0) | 06:25 29/01/2009 |
Film américain, australien réalisé par Baz Luhrmann, avec Nicole Kidman, Hugh Jackman, Brandon Walters… 2h35. Sortie le 24 Décembre 2008.

Sarah Ashley est une aristocrate britannique peu enthousiaste à l’idée de rejoindre son mari en colonie australienne. Alors que la Seconde Guerre mondiale est sur le point d’éclater en Europe, elle fait le voyage jusqu’à Darwin, dans le Territoire du Nord, pour trouver son conjoint mort. Elle s’improvise « Miss Boss » de l’exploitation bétaillère familiale. Pour éviter la faillite du ranch, elle doit mener 2000 têtes de bétail jusqu'à Darwin, la capitale du Nord australien. Elle ne peut accomplir cette tâche périlleuse sans l'aide d'un cow boy du cru et de ses accolytes aborigènes.
Australia est certes étiqueté film épique à gros budget, avec stars à l'affiche et enjeux touristiques à la clé. Mais avec Baz Luhrmann aux commandes (Moulin Rouge), on pouvait s'attendre à ce brin de folie et de créativité qui peut faire décoller les blockbusters, à la manière du Harry Potter d'Alfonso Cuaron ou du Batman de Tim Burton. Dans la première partie du film, la patte de Baz est bien là, qui enchaîne les plans et les péripéties avec rythme et fantaisie. Les coquins Kidman et Jackman ont l'air d'aimer ça et jouent à fond la carte du second degré, poussant leurs personnages d'aristocrate farouche et de bushman bourru aux limites de la caricature. La scène de douche sauvage d'Hugh Jackman est un grand moment d'auto-dérision. Hélas, ce ton léger ne prédomine pas dans la suite du film, encombrée de passages obligés lassants. Même avec une durée de 2h35, Australia peine à être satisfaisant sur tous les plans. La portée historique de l'évocation des "générations volées" (ces enfants aborigènes enlevés à leurs familles pour recevoir une éducation "civilisée"), est étouffée par les explosions des bombardements japonais sur Darwin. L'histoire récente de l'Australie est suffisamment riche et méconnue : situer l'action en temps de guerre n'était surement pas nécessaire. Un film divertissant, à défaut d'être vraiment intéressant.
| Verdict : | Commentaires (0) | 02:29 06/12/2008 |
Film américain réalisé par Christopher Nolan, Avec Christian Bale, Heath Ledger, Aaron Eckhart... 2h27. Sortie française le 13 août 2008 (Vu en Australie)

Une banque, comme il y en a beaucoup à Gotham City, est sur le point de se faire braquer. Une demi-douzaine d'hommes infiltrent les lieux. Vêtus de noir, surarmés, leurs visages affichent des masques de clowns grimaçants. Chacun accomplit froidement sa mission... mais un membre de l'équipe semble décidé à finir le travail seul. Il abat un à un ses confrères braqueurs, s'empare du butin, monte au volant d'un bus scolaire. Il se faufile dans le flot de bus jaunes qui ramènent les bambins chez eux en cette fin d'après midi. Le crime est parfait. En guise de signature, une carte à jouer : le Joker.
Le braquage qui ouvre ce deuxième volet de la saga Batman, version Bale/Nolan, est à l'avenant du reste du film : efficace, sombre, cynique et réjouissant à la fois. L'atout majeur du film n'est pas le "Chevalier Noir", ce Batman campé par un Christian Bale un peu lisse. Le vrai héros du film est le Joker. Ce rôle est la dernière apparition au cinéma du regretté Heath Ledger, qui livre une performance impressionnante. Les traits du blond cowboy australien sont méconnaissables : visage flasque enfariné, cheveux gras, yeux perçants cerclés de noir, bouche sanglante, élastique. La cruauté du Joker ne fait pas pour autant de lui un personnage antipathique. Chacune de ses apparitions est un bonheur, on ne se lasse pas de ses mimiques, on attend ses mauvais coups avec gourmandise. Le Joker n'est pas le seul point fort du film. Christopher Nolan a su donner à la franchise Batman une crédibilité qui dépasse le genre très codé des films de super-héros. La mise en scène est élégante, les décors somptueusement sobres (mention spéciale au garage de la Batmobile). 2h30 de plaisir, en somme, c'est plus qu'on attendait de ce blockbuster estival.
| Verdict : | Commentaires (0) | 06:37 30/07/2008 |
Film français d'Arnaud Desplechin, avec Catherine Deneuve, Jean-Paul Roussillon, Anne Consigny, Melvil Poupaud... 2h30. Sortie le 21 Mai 2008.

Roubaix, Noël approche. Junon (Deneuve) apprend qu'elle est atteinte d'un très rare cancer du sang. Seule une greffe de moelle osseuse peut augmenter ses minces probabilités de survie. Encore faut-il trouver un donneur compatible. Les descendants de Junon acceptent un par un de faire les tests, les résultats arrivent peu à peu par courrier. Henri, le fils banni de la famille, et Paul, le petit-fils fragile psychologiquement, sont les "élus". Deux donneurs potentiels, c'était inespéré. La famille Vuillard se retrouve pour fêter Noël, au complet et avec les pièces rapportées. On prend des nouvelles, on remue le lourd passé, on s'engeule beaucoup. Que reste t-il d'à peu près stable dans cette maison ?
La maladie n'est ici qu'un prétexte. La famille, voilà le thème central de ce film fleuve, présenté à Cannes. L'intérêt principal de ce "Conte de Noël" est qu'il offre des rôles de choix à des acteurs et actrices de luxe. Deneuve est resplendissante, Almaric est insaisissable, Consigny est sur un fil. On découvre peu à peu les relations que leurs personnages entretiennent entre eux, et c'est un vrai bonheur. Beaucoup de temps est sûrement nécessaire pour dérouler tous ces liens familiaux et amoureux. Mais 2h30, c'est un peu trop. La fin n'en fini pas de finir. Couper au montage relève certes du choix cornélien. Quand par définition peu de scènes "servent l'action", lesquelles sont en trop ? Peut-être le spectateur doit-il se résoudre à l'absence d'action, et vivre le film au rythme de ces âmes en attente.
| Verdict : | Commentaires (0) | 16:48 17/06/2008 |
Film français réalisé par Samuel Benchetrit, avec Anna Mouglalis, Édouard Baer, Jean Rochefort… 1h48. Sortie le 26 Mars 2008.

Une cafétéria déserte sur le bord de la Nationale 17. C’est le lieu que choisit un pauvre type pour faire son premier braquage… sans arme. Il peine à se donner contenance, tombe sous le charme de la désinvolte serveuse, et prend finalement un café. A son image, les gangsters en tous genres qui gravitent autour de la cafétéria vont tous rater leur coup, superbement. Deux compères sans le sous font le rapt d’une ado suicidaire, trop contente d’être embarquée dans cette aventure. Cinq vieux grigous tentent de retrouver la planque de leur jeunesse, qui était perdue au fond des bois, à l’époque. Dur dur d’être un gangster.
Voilà un film qui fait du bien.
D’abord parce que c’est un film d’acteurs : Jean Rochefort, Édouard Baer, une certaine idée de l’humour. La sublime Anna Mouglalis n’est pas en reste.
Ensuite parce que c’est un film de dialogues. Et comme les acteurs sont bons, c’est un régal. La dispute des deux kidnappeurs autour du jeu de cartes est grandiose. De même la réplique de Jean Rochefort sur le thème « pisser contre un arbre » peut devenir mythique.
Enfin parce que c’est un film agréable à regarder. L’image noir et blanc légèrement grainée sert le côté rétro, joyeusement brisé par l’apparition d’un MacDo ou l’évocation de Cameron Diaz… Et la BO est un vrai bonheur pour les oreilles, ce qui ne gâche rien. Un bijou !
| Verdict : | Commentaires (0) | 14:03 22/04/2008 |